Toba, à la rencontre des « ama »

Située dans la préfecture de Mie, sur la côte est de la péninsule d’Ise, la ville de Toba est profondément tournée vers la mer. Port historique, cité insulaire et porte d’entrée de la baie d’Ise, elle offre un visage du Japon à la fois maritime, spirituel et traditionnel, bien différent des grandes métropoles.

Une ville façonnée par la mer

Depuis des siècles, la mer constitue la principale ressource de Toba. La pêche y est omniprésente, tout comme l’aquaculture, rendue possible par les eaux calmes et riches de la baie. Huîtres, ormeaux (awabi), palourdes, poulpes et crustacés composent la base de l’alimentation locale et de l’économie régionale.

Toba est également un point de départ idéal pour explorer les nombreuses îles de la baie d’Ise, comme Mikimoto-jima, Sugashima ou Toshijima, chacune possédant sa propre identité et son lien étroit avec la mer.

Les plongeuses ama : un patrimoine vivant

La péninsule d’Ise est l’un des derniers endroits au Japon où l’on peut encore observer les ama, ces plongeuses traditionnelles qui pratiquent la pêche en apnée. Majoritairement des femmes, elles plongent sans bouteilles d’oxygène, parfois jusqu’à plusieurs mètres de profondeur, pour récolter des produits de la mer tels que les ormeaux, les coquillages, les algues ou certains crustacés.

Contrairement à une idée reçue très répandue, les plongeuses ama ne pêchent pas de perles. Leur activité est exclusivement tournée vers des ressources alimentaires, qu’elles vendent ensuite aux coopératives de pêche locales. La confusion vient du fait que Kokichi Mikimoto, pionnier de la perle de culture à la fin du XIXᵉ siècle, a fait appel à la main-d’œuvre locale, notamment aux ama, lors du développement de ses fermes perlières. Toutefois, la découverte d’une perle naturelle dans une huître étant extrêmement rare, la pêche de perles n’a jamais fait partie des pratiques traditionnelles des ama.

Aujourd’hui encore, il est possible de découvrir leur mode de vie dans des cabanes ama (amagoya), où certaines d’entre elles partagent leur quotidien et proposent de déguster des produits de la mer grillés, dans un cadre simple et authentique.

Toba et l’héritage des perles Mikimoto

Si les ama ne pêchent pas de perles, Toba reste néanmoins indissociable de l’histoire de la perle de culture. C’est ici que Mikimoto réussit, en 1893, à produire les premières perles semi-sphériques, avant de perfectionner sa technique.

L’île Mikimoto, accessible en bateau, retrace cette aventure industrielle et culturelle. On y découvre à la fois l’histoire de la perliculture moderne, des démonstrations traditionnelles de plongée ama, ainsi qu’un musée consacré aux perles et à leur transformation.

Un environnement naturel préservé

Toba fait partie du parc national d’Ise-Shima, une région réputée pour ses paysages côtiers découpés, ses forêts et ses sanctuaires. Le climat doux et l’omniprésence de la mer confèrent à la ville une atmosphère paisible, presque hors du temps.

La proximité avec Ise-jingū, le sanctuaire shinto le plus sacré du Japon, renforce le caractère spirituel de la région. Historiquement, Toba servait de point de passage maritime pour les pèlerins se rendant à Ise.

Une destination discrète et authentique

Moins connue que d’autres villes côtières japonaises, Toba séduit par son authenticité. Ici, pas de tourisme de masse : la ville se découvre au rythme des ferries, des ports de pêche et des marchés locaux. Les spécialités culinaires, centrées sur les produits de la mer, reflètent une gastronomie simple mais profondément ancrée dans le terroir maritime.

Entre traditions ancestrales, paysages marins et héritage industriel unique, Toba incarne un Japon discret, où la relation entre l’homme et la mer reste centrale.


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